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La mémoire courte

dimanche 9 février 2014, par chris.fournie

Durant ma carrière de manager, j’ai réalisé une multitude d’entretiens d’embauches, exercice périlleux, important, où on apprend en marchant, au fur-et-à-mesure. Un d’entre eux m’a laissé un souvenir que je veux narrer aujourd’hui. Elle arriva, droite comme un i, fière comme Artaban, perle noire sous le soleil. Notre poignée de main fut brève et ferme. Très vite, notre discussion se mua en auto-apologie de la candidate : « je ferai ci, j’améliorerai cela, je suis la personne dont vous avez besoin… ». Bref, elle allait tout révolutionner alors qu’elle ne connaissait pas du tout mon domaine d’activité. Une française qui se comportait en américaine en somme ! Mais il y a une différence entre avoir confiance en soi, savoir se vendre et se vanter. Cela ne pouvait convenir à ma vision d’un département et mes valeurs personnelles. Je ne la choisis donc pas.
Quelques mois plus tard, j’assistai au même congrès qu’elle et je constatai qu’elle m’évitait. Pourtant, un matin, elle vînt quand même petit déjeuner à notre table… les consultants avec lesquels je discutais l’intéressaient manifestement.
Trois ans après, ayant totalement changé d’activité, je la retrouvai sur un autre site de mon entreprise. Nous ne sommes pas dans des départements rattachés mais sommes amenées à nous croiser presque tous les jours. Eh bien, elle ne me salue plus. Elle est restée sur sa vexation de ne pas avoir été choisie. C’est tellement enfantin et bêta comme comportement que j’arrive à en sourire, surtout venant d’une personne qui a une haute estime de soi et qui fait de son ambition son credo.

- Règle 4 : Ne pas se mettre des gens à dos.

- Raison : on le dit souvent, quand on quitte une société, il faut éviter de régler ses comptes car on n’est jamais sûr de ne pas croiser ces personnes dans une vie future ; ou alors, il faut le faire en toute connaissance de cause, en ayant conscience de prendre un risque. Quand on reste dans la même société, c’est encore pire. Imaginez vous retrouver devant la même personne, qui serait par exemple devenue RH, ou ne plus pouvoir postuler à un poste qui vous intéresse parce que c’est cette personne qui recrute ? Un beau gâchis pour pas grand-chose.

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